Plus qu’une passion : tout ce que la danse orientale m’a apporté

Plus qu’une passion : tout ce que la danse orientale m’a apporté

Pourquoi je danse? Il y a quelques années, une publication circulait sur Facebook, « Why I dance ». Chaque personne pouvait exprimer son amour de la danse, ou même publier une petite vidéo se passant de mots. J’ai de nombreuses passions, que je dévoile au fur et à mesure sur le blog. Mais la danse reste la plus grande d’entre elles. La danse en général, et la danse orientale en particulier. Pour moi la danse est plus qu’un loisir, plus qu’une activité, plus qu’une passion… Depuis près de neuf ans, je suis assidûment mon cours du vendredi soir et je participe à de nombreux événements qui y sont liés. Alors pourquoi la danse orientale? Quels sont ses bienfaits? Je vous dis tout 🙂

 

Une condition physique

Au cours des années, j’ai pratiqué plusieurs activités, mais la danse orientale est celle que je n’ai jamais lâchée, depuis maintenant plus de 8 ans. C’est comme une base devenue essentielle à mon hygiène de vie. Ainsi, mon corps n’a jamais connu de période d’inactivité depuis que j’ai commencé.

Il faut dire que la danse en général constitue une pratique sportive complète. Elle fait travailler l’endurance, la souplesse, l’équilibre, mais également la coordination et la mémoire. Car il y a toujours deux aspects dans la danse. Le travail « technique » d’une part qui comprend l’échauffement voire le renforcement musculaire et la répétition de mouvements types, et le travail chorégraphique d’autre part.

Concernant la danse orientale en particulier, il faut savoir qu’elle permet un travail des muscles profonds, notamment abdominaux, essentiels pour réussir à reproduire de beaux mouvements. La posture est fondamentale. On apprend dès les premiers cours à se tenir droite, c’est quelque chose que les professeurs répètent encore et encore!

Ce qui est intéressant avec la danse orientale, c’est qu’elle fait travailler le corps d’une façon unique. Prenons l’exemple des tremblés ou shimmys. Il en existe différentes sortes, qui mobilisent les cuisses, les genoux, les hanches, les fesses… voire tout en même temps !

Il y a aussi les accents, qui sont particulièrement visibles dans les chorégraphies de percussions. Le simple fait de contracter une fesse, au bon moment de la musique, constitue un mouvement!

Enfin, n’oublions pas le travail avec les accessoires, qui requièrent beaucoup d’attention et de concentration. Ne pas faire tomber sa canne, ne pas se prendre les pieds dans le voile, frapper au bon moment dans le tambourin… Quelle fierté, quand on y arrive après toutes ces longues heures d’entraînement.

 

La danse orientale m’a aidée à (enfin!) accepter mon physique

danse orientale amtisstory

J’avais environ 20 ans lorsque j’ai commencé la danse orientale. Autant vous dire que j’avais encore de nombreux complexes à cet âge-là, même si je ne les extériorisais pas toujours. A cette époque, même si je ne m’en rendais pas vraiment compte, mon but était de me conformer à un idéal physique. Je me disais en gros : « si je m’en donne la volonté, je peux perdre du poids, je peux muscler mes fesses, je peux avoir la peau ferme et hâlée… »

Je lisais énormément de magazines féminins. Qu’on le veuille ou non, cette avalanche de corps de mannequins filiformes façonne un imaginaire et une norme. D’ailleurs, je trouve cela très bien que la loi exige de préciser lorsque des photos sont retouchées. Même lorsqu’on s’en doute, un rappel ne fait jamais de mal.

En fait, ce n’est que récemment que j’ai réalisé qu’il était plus simple… de S’ACCEPTER. Oui oui, s’accepter et même s’aimer 🙂

Il est vrai qu’avec les années, j’ai adopté un mode de vie beaucoup plus sain pour mon corps. Mais surtout, j’aime enfin mon corps comme il est. Même s’il y a évidemment des jours avec et des jours sans. J’ai connu quelques variations de poids mais aujourd’hui, je suis tout de même contente d’avoir retrouvé mes formes. En tant que danseuse orientale, j’ai appris à aimer mon corps car il ne m’a jamais lâchée, que ce soit à l’entraînement ou sur scène.

En regardant les photos des spectacles, il m’arrive de me dire : « ah, tiens, je me voyais plus mince » ou « sur le coup ma coiffure semblait plus jolie », ou encore « j’aurais dû bronzer un peu plus! ». Mais en fait, ça ne compte pas vraiment. Parce que sur le moment, à cet instant précis où je dansais, je me sentais… BELLE. Voilà c’est dit!

 

En tant que danseuse orientale, j’assume ma féminité

flatlay maquillage

Même s’il existe des hommes dans ce milieu, la danse orientale est intimement liée à la féminité. Il est très important de comprendre que, loin du cliché de la danseuse de harem, la danse orientale se pratique traditionnellement entre femmes. On ondule ses hanches pour faire corps avec la musique, pas pour séduire le mec d’en face 🙂

Avoir des formes y est valorisé, mais en réalité tous les physiques se prêtent à la danse orientale. On apprend à poser, à adopter des postures qui nous mettent en valeur, à jouer avec nos cheveux… Pour les spectacles, il faut bien sûr se coiffer, se maquiller, penser aux ongles et aux bijoux. Les tenues laissent voir ou entrevoir le décolleté, les hanches, les jambes (bien qu’il soit toujours possible de personnaliser son costume et de ne dévoiler que ce que l’on veut).

Les gens qui viennent nous voir sur scène veulent du rêve. On interprète donc un personnage qui est en quelque sorte une meilleure version de nous-mêmes : une femme belle et sûre d’elle, qui n’a pas peur d’exposer son physique et ses émotions.

Or, être féminine n’est pas spécialement valorisé dans notre société. Dans l’espace public déjà, nous sommes conditionnées dès le plus jeune âge à être discrètes, ne pas faire de vagues. Et ne parlons pas du monde de l’entreprise. Quand on arrive dans cet univers, c’est très difficile de trouver un juste milieu entre ne pas être jugée moche (et donc, faire des efforts) et ne pas être jugée frivole (ne pas trop en faire!). J’ai toujours travaillé très dur et j’estime que mes résultats doivent parler pour moi. Alors, je ne vois pas pourquoi je devrais gommer le fait que je suis une femme ou éviter certains sujets, par peur de ne plus être prise au sérieux. On peut être intellectuelle et girly!

 

Après des années de danse orientale, je suis plus à l’aise avec le regard des autres

passion danse

Lorsque vous dépassez votre trac pour danser sur une scène, pieds nus et le ventre à l’air, je vous assure que cela fait tomber un certain nombre de barrières mentales.

On ne s’en rend pas compte soi-même, mais la plupart des gens font des têtes… bizarres lorsqu’ils assistent à un show. Il y a ceux qui sont fatigués, qui pensent à autre chose, qui sont pressés de partir… Ce n’est pas forcément volontaire ou conscient : le public ne renvoie pas toujours une image bienveillante et encourageante.

Après plusieurs années de danse, on apprend à gérer ça. On sait comment se tenir droite, rester concentrée sur le message que l’on cherche à transmettre, mais aussi interagir avec le public (du moins, on essaie!).

C’est donc très formateur et cela sert dans la vie de tous les jours, en particulier au travail. Je me souviens d’un jour où je parlais avec mes sœurs d’une présentation importante que je devais faire pour le boulot. L’une d’entre elles m’a dit : « en même temps grâce à la danse, tu as l’habitude d’avoir des centaines d’yeux braqués sur toi ».
Même si j’ai appris à m’exprimer à l’oral et à être à l’aise grâce à l’université et à mes expériences professionnelles, la danse m’a encore plus aidée à ne pas être intimidée par le regard des autres, et à occuper l’espace.

Et puis, interpréter une chorégraphie nécessite de livrer une partie de soi-même.

 

Sur la voie du tarab, la danse orientale fait vivre l’artiste qui est en moi

Pour moi, la danse est un moyen d’expression unique. C’est une forme d’art qui peut être comprise de tous, et qui en même temps résonne différemment en chacun de nous. Combinée à la musique, elle transmet un nombre incroyable d’émotions. Avec la danse je crois avoir trouvé la forme artistique qui me correspond le mieux.

La musique compte énormément, bien sûr. Il est possible de voir des chorégraphies sur toutes sortes de musiques, y compris pop, hip-hop, latino. C’est d’ailleurs un aspect que j’aime beaucoup dans la danse orientale : sa diversité et le grand nombre de fusions.

Mais fondamentalement, je reste attachée à la danse orientale « classique ». Elle révèle toute sa dimension avec la musique arabe, en particulier égyptienne.

Parmi les artistes légendaires de la musique arabe, il y a bien sûr Oum Kalthoum. Au début, j’ai eu du mal à entrer dans son univers. Progressivement, à mesure que j’évoluais dans ma pratique et que j’en apprenais sur l’histoire de la danse, je suis moi aussi tombée amoureuse des chansons d’Oum Kalthoum.

Le fait d’apprendre l’arabe a beaucoup joué dans ce cheminement je pense. Une fois que l’on comprend les paroles, c’est comme si on accédait à un niveau d’émotion supplémentaire.

L’émotion justement. Ce qui fait la spécificité de la danse orientale, c’est le concept du tarab. Plus qu’une émotion, c’est tout un panel d’émotions, qui transcendent l’artiste ainsi que son audience. C’est assez difficile à décrire dans le sens où il n’y a pas de traduction directe. Pour vraiment comprendre et réaliser la puissance du tarab, il faut voir des danseuses en live. Le plus dur, c’est de laisser s’exprimer son tarab, sans se laisser déborder. Un savant mélange de maîtrise et de lâcher-prise. C’est un axe de progression constant pour moi, car malgré mon parcours et mon évolution, je reste très pudique. Finalement, c’est plus facile de dévoiler son ventre qu’une partie de son âme 🙂

Si cela vous intéresse, je vous mets en lien une vidéo de la célèbre danseuse Yaël Zarca qui vous explique ce qu’est le tarab.

A noter que l’émotion de la danse orientale ne se manifeste pas uniquement de manière aussi spectaculaire. Il y a aussi les musiques populaires, propres à chaque pays, qui sont jouées dans les mariages notamment et qui véhiculent énormément de joie et de good vibes 🙂

 

Grâce à la danse orientale, j’ai appris à dépasser mes limites

danse dépasser ses limites

Grâce à la danse orientale, j’ai accompli des choses dont je ne me pensais pas capable.

J’ai réalisé mon premier stage intensif lors d’un voyage à Istanbul avec ma prof Safia, et d’autres élèves. Nous dansions trois heures le matin, et enchaînions l’après-midi avec des visites à pied de la ville. Je me souviens d’une pause j’étais au bord des larmes. J’étais épuisée et je me sentais nulle par rapport aux autres. A ce moment, je me suis ressaisie et je me suis dit : « je ne suis pas plus nulle que les autres et je vais y arriver ». J’ai tenu le coup et en rentrant à Paris je n’avais qu’une envie : progresser, et pour cela j’étais prête à travailler dur.

Lors de ma troisième année de danse, j’ai décidé un peu sur un coup de tête de participer à la retraite de danse organisée par Sadie Marquardt. Elle avait lieu en Suisse (juste à côté!), je venais de signer un CDI (je gagnais donc de l’argent!), et Sadie est une véritable star de la danse orientale. J’ai donc réservé ma place et je suis partie, seule un beau matin de juin. C’était très impressionnant car il y avait beaucoup de professeurs et de danseuses professionnelles. J’aurais pu me sentir intimidée, mais grâce aux solides bases de ma chère Safia, j’ai tenu la distance! Alors que beaucoup d’élèves laissaient tomber au bout d’une heure ou deux, je me suis accrochée. Je ne me suis jamais assise pendant les pauses (une bonne habitude prise auprès de Safia). Je n’ai pas retenu toutes les chorégraphies mais j’étais super fière de moi, du haut des mes trois années de pratique!

Rebelote, en rentrant en France j’étais 1000 fois plus motivée. Je m’étais fixé un objectif pour la prochaine retraite : réaliser et interpréter ma propre chorégraphie, en solo.

On n’imagine pas tout le travail qu’il y a derrière une chorégraphie : choisir la musique, les mouvements, occuper l’espace, soigner la posture, les attitudes, penser au costume… Et puis, il faut surtout « assumer » cette chorégraphie. Cela signifie dépasser ses peurs et se sentir assez légitime pour s’exposer devant un public. J’ai d’abord répété ma chorégraphie devant mon groupe et Safia. C’était très stressant car elles me connaissent, et devant elles je ne peux pas tricher. J’ai eu des retours très positifs et bienveillants, ainsi que des conseils. Ce qui m’a permis d’interpréter ma chorégraphie devant un parterre de professionnels et de Suisses perdus au fin fond des Alpes 😀

Depuis, je réalise à peu près une chorégraphie par an, que je présente à mon groupe ! C’est un exercice difficile mais qui est essentiel pour véritablement progresser. Car la danse est faite pour être partagée.

 

En tant que danseuse orientale, je fais partie d’une véritable communauté internationale

retraite danse orientale
Souvenir de la retraite de danse orientale de Sadie en 2016, avec des danseurs venus de toute la planète!

La forme de danse orientale que l’on connait le plus tire ses racines de l’Égypte, à travers les styles raqs sharqi (ou « classique égyptien ») et baladi (style plus « populaire » et terrien) notamment. A cela s’ajoutent les folklores, issus de chaque pays du Moyen-Orient et du Maghreb, ainsi que les fusions.

De nos jours, la danse orientale est pratiquée partout dans le monde. Russes, ukrainiennes, brésiliennes, états-uniennes, japonaises… Le nombre de danseuses de talent ne fait qu’augmenter et certaines deviennent de véritables stars, grâce notamment à la visibilité apportée par YouTube.

La meilleure façon de rencontrer des artistes, professeurs ou élèves, est d’assister à des stages. Tous les stages ne se déroulent pas forcément dans de bonnes conditions (beaucoup d’élèves présentes, absence d’estrade…) et coûtent parfois assez cher, mais cela reste un excellent moyen de s’ouvrir à d’autres styles et techniques.

Pour ma part, c’est lors de mes retraites en Suisse avec Sadie que j’ai pu mesurer à quel point la danse orientale a pris une dimension internationale. J’ai rencontré des personnes vraiment inspirantes, qui m’ont donné envie de progresser, pas seulement en tant qu’élève mais aussi en tant qu’artiste. Je repense très souvent au soutien et à la bienveillance de mes dance sisters. Après plusieurs heures intenses et un passage sur scène, nous formions presque une petite troupe! La rencontre avec Sadie a également été déterminante. C’est avec elle que j’ai compris que nous avons toutes nos propres atouts. Il est plus intéressant de les cultiver que de combattre sa propre nature pour incarner un personnage qui ne nous ressemble pas.

En France aussi, nous avons la chance de compter beaucoup de danseuses talentueuses qui enseignent également à l’étranger. Nous avons nos stars à nous! Je pense que c’est dû en partie à l’immigration maghrébine, qui a permis à beaucoup de se familiariser avec la culture arabe, à travers la musique notamment.

Ainsi Safia, ma professeure, est la plus belle danseuse que je connaisse, doublée d’une chorégraphe exceptionnelle. J’admire sa danse qui mêle technique et grâce, force et fragilité, malice et drame. Sans oublier maîtrise des accessoires et du tarab évidemment. Elle enseigne avec énormément de générosité et nous pousse à nous améliorer sans cesse. Huit ans après mes débuts, je continue d’en apprendre à chaque cours.

Lors de mes premières années de danse, j’ai également assisté à pas mal de stages à Paris, durant lesquels j’ai énormément appris. Je suis loin d’avoir tout vu évidemment, mais j’essaie, à chaque fois que je danse, de mobiliser toutes ces connaissances acquises petit à petit, stage après stage. Avec Amana, j’ai compris l’importance fondamentale du travail musculaire et abdominal. Taly m’a aidée à améliorer ma posture et mon intention dans la danse. Avec Yaël, j’ai appris à enchaîner les combos sans réfléchir (si vous avez déjà dansé avec Yaël vous savez qu’elle ne compte pas de temps d’arrêt dans ses enchaînements!). Grâce à Lolie, j’ai pris conscience de la puissance du bassin et j’ai appris à danser avec plaisir le baladi; j’essaie aussi, à son image, de danser avec sincérité. Enfin, Simon m’a fait découvrir la force et la beauté des styles folkloriques, notamment du dabke.

C’est un milieu où évidemment tout n’est pas rose. Il y a des coups bas, des rivalités, des plagiats… En tant que non-professionnelle, je n’y suis pas confrontée. Moi ce que je retiens, c’est la formidable communauté qui anime la danse orientale, le partage et l’ouverture.

 

Vous êtes encore là?? Merci de m’avoir lue ♥

Cet article est long, à l’image de ma passion pour la danse : intarissable! J’espère que vous en aurez appris un peu plus sur la danse orientale, et qui sait? Cela vous aura motivée à pousser la porte d’un cours de danse.

Pour conclure, je vous laisse avec cette belle citation de Friedrich Nietzsche :

Je vous laisse, je pars à mon cours 😉

 

Si cet article vous a plu, n'hésitez pas à le partager !

4 Replies to “Plus qu’une passion : tout ce que la danse orientale m’a apporté”

  1. Coucou c’est tellement beau ton article ça nous fait découvrir et re-découvrir la danse orientale merci à toi de partager ton parcours et continue avec passion

    1. Merci pour ton soutien sans faille ♥ ♥ ♥

  2. Très bel article, il reflète bien ta passion, on le ressent à la lecture! 🙂
    Merci de partager cela avec nous -instant culture – très enrichissant sur tout ce que la danse orientale peut offrir, sa diversité aussi!
    C’est aussi une belle façon de témoigner de tous les bienfaits apportés par l’art de façon générale. Du partage, de l’émotion, confiance en soi, dépassement de soi, l’ouverture et bien plus encore..tout autant de choses qui servent dans différents pans de la vie.
    Ce serait intéressant pour un prochain article de nous parler de la « panoplie » d’une danseuse orientale, tenue, tes tips pour te préparer… 😉

    1. Merci beaucoup! Très bonne idée l’article sur la panoplie, je retiens 😉

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